vendredi 25 novembre 2011

Abyme, de Mathieu Gaborit

Parution VF en 2000

Un roman divisé en deux parties... Alors ?
Enclave au sein des royaume crépusculaires, Abyme est un havre cosmopolite, haut lieu de la diplomatie, une cité phare majestueuse où dangers et guet-apens sont monnaie courante pour le farfadet Maspalio, c'est "sa" ville, qu'il connaît à la perfection pour en avoir exploré chaque sombre recoin, pour en avoir inlassablement arpenté chaque travée, place ou canal aussi paraît-il le mieux placé pour retrouver un démon qui a échappé aux abysses et rôde désormais dans les ombres. A vrai dire, il n'a pas le choix : Vladitch, un Advocatus diaboli, le tient sous sa coupe. Mais quand de surcroît un assassin se met a décimer ses proches, vivre en Abyme se révèle bien périlleux, même pour un ancien prince-voleur...

Tout d'abord, j'ai appris -après coup- que ce roman se situe dans le même univers qu'une autre œuvre de l'auteur :  Chroniques des Crépusculaires. Or je n'ai pas lu ça... donc il est possible que certains points obscurs d'Abyme y soient décrits... Par exemple sur l'organisation de la ville... Par exemple, comment fonctionne le Palais des Gros ? Quel est le fonctionnement exact des invocations ?
Ce n'est guère engageant comme début ? Ben il faut persévérer. Certes j'aurais apprécié quelques explications par-ci par-là mais dans l'ensemble rien n'est incompréhensible.
Le livre est divisé en deux parties. À mes yeux, ce qui change le plus entre les deux parties, c'est la narration. Dans la seconde partie il y a des changements de narrateurs, j'ai trouvé ça un peu déroutant. Certes, c'est pour l'histoire, mais je pense qu'il aurait mieux fallu garder le même narrateur, ça aurait été plus logique.
Hum, tout ça ne donne pas vraiment envie, non ? Vous auriez tort de vous priver en fait. Car malgré ces deux remarques (et une prochaine en fin de chronique), ce roman est bon. Le début ressemble à un policier sauf que vous ne pouvez pas comprendre (sauf si les chroniques des Crépusculaires donnent des infos mais même là j'ai des doutes... Rah je "critique" encore alors que ça ne m'a pas gêné).. Mais ce n'est pas grave du tout. En fait, avec la seconde partie, l'enquête policière n'est vraiment pas au cœur de l'histoire. L'univers est un peu... en fait je dirais un peu baroque. J'ai été emporté, c'était un bon point. Niveau histoire je suis toujours content quand un roman sort du roman classique de fantasy, c'est à dire le héros sans peur et sans reproche menant une quête pour bouter le Mal hors de leur monde (même si ce principe classique peut donner de très bons romans)... Et quand c'est fait avec talent, comme c'est le cas pour Abyme, c'est du tout bon. L'histoire ici tient plus de la personne qui a donné un coup de pied dans la fourmilière sans la voir et qui se débat avec les fourmis qu'il a dérangées... Mais ici les fourmis sont... disons que ce sont le genre de personnes qu'on aimerait ne pas déranger.
Seul souci de l'histoire.. La fin.. bien trop rapide, environ dix pages n'auraient pas été du luxe pour remplacer l'épilogue.
J'ai aimé
  • L'univers.
  • L'histoire.
Je n'ai pas aimé
  • Quelques noms obscurs.
  • Fin trop rapide.
Ressenti
Bon malgré tout ce que je peux dire. Je pense que je relirai d'autres romans de cet auteur. Peut-être les chroniques des crépusculaires ?

jeudi 24 novembre 2011

Axis, de Robert Charles Wilson

Axis en VO
Parution VO en 2007

J'avais beaucoup aimé Spin... Qu'en est-il de sa "suite" ?
Menacée par un Soleil qui se transformera bientôt en nova, la Terre vit ses dernières années.
Pour la plupart, les hommes ont franchi l'arc des Hypothétiques et se sont installés sur le Nouveau Monde, Equatoria, notamment dans sa capitale, Port Magellan.
C'est à partir de cette agglomération tentaculaire, hétérogène telle l'humanité, que Lise Adams cherche son père, un scientifique qui a disparu depuis bien longtemps et avait peut-être découvert quelque chose sur l'énigme que représentent les Hypothétiques. Alors que Lise tient enfin une piste sérieuse, grâce à son ancien amant Turk Findley, d'étranges cendres se mettent à tomber sur le Nouveau Monde.
Et si celui-ci, tout comme la Terre, était condamné à brève échéance ?


Disons-le clairement, c'est une suite qui n'en est pas une. C'est une suite car c'est le même univers et on y retrouve Diane et les Hypothétiques. Mais ça n'en est pas une parce que l'histoire est très différente. Non seulement parce qu'elle se déroule sur le Nouveau Monde mais aussi sur une courte période.... Et que le style d'histoire est très différent. La narration, d'ailleurs, est très différente.
Vous voilà donc avec une poursuite entre différents protagonistes. On m'avait prévenu que la suite était différente, je m'y attendais, je n'ai pas été déçu.
On y a des infos sur les Hypothétiques, sur Mars et sur les Quatrièmes Âges ainsi que sur certaines questions éthiques traitant du traitement génétique.
J'ai bien aimé un traitement que je trouve réaliste des institutions, je ne parle pas des enlèvements (ça, je ne m'avance pas xD) mais plutôt des gouvernements et de leurs relations, par exemple sur le Nouveau Monde ou entre la Terre et Mars.
En revanche si, comme moi, vous ave eu une impression de... hum... manque de finition à la fin du roman. C'est normal, une suite est "prévue" (je crois qu'elle est sortie en VO).

J'ai du mal à continuer en fait. Le roman est bon mais écrasé par son illustre prédécesseur à mes yeux... C'est donc difficile d'en faire une critique correcte.

J'ai aimé
  • L'écriture de l'auteur.
  • L'univers.
Je n'ai pas aimé
  • La comparaison avec le précédent.
Ressenti
Correct avec un "MAIS". Le roman souffre beaucoup, à mes yeux, de la comparaison avec Spin. Je crois qu'il vaut mieux mettre un peu plus de temps entre les deux romans que ce que j'ai fait.... C'est ainsi.

mercredi 23 novembre 2011

Chroniques du nécromancien, tome 1 : L'invocateur, de Gail Z. Martin

The Chronicles of The Necromancer, book 1 : The Summoner en VO
Parution VO en 2007

Hum.. début d'une saga mais...
Le monde du prince Martris Drayke est brusquement plongé dans le chaos le jour où son frère assassine leur père et s'empare du trône. Contraint de fuir, soutenu par une poignée de fidèles compagnons, Martris n'aura de cesse de venger son père et de rétablir son honneur.
Alors que les vivants se liguent contre lui, Martris découvre qu'il pourrait bien être l'héritier d'un don rare et effrayant. Il devra apprendre à dompter ses pouvoirs magiques naissants afin de lever une armée d'alliés... recrutés parmi les morts!

Quand j'ai pris ce bouquin, j'imaginais quelqu'un finissant dans une tour, à moitié fou, entouré de crânes et avec une armée de zombies/squelettes à son service.... oui j'ai beaucoup joué mort-vivants à Warhammer, ça vient de là..
Hélas, j'ai vite déchanté... Visiblement à part un passage particulier, on n'aura le droit, dans cette saga qu'à des invocations d'esprits. Et des vampires, mais des "gentils" vampires mystérieux... bref, comme ça se voit très vite dans le roman que ce n'était pas ce que j'imaginais, je vous laisse deviner ma déception. Ce qui a probablement influé sur ma perception du roman.
Pour le reste... le roman est le roman type de Fantasy, il n'y a pas vraiment d'originalité dans le déroulement du récit. Pour ne pas dire pas du tout. En soi, ce n'est pas trop problématique. En effet beaucoup de romans de fantasy sont de ce type. Prenez les romans des Eddings (que j'aime beaucoup)... Niveau originalité, on a vu mieux. Mais voilà, dans un roman de ce genre, on ne peut avoir envie de lire la suite si :
on s'attache à un personnage
on s'attache à un univers
on aime le style de l'auteur.
Pour reprendre les Eddings, en général, c'était les 3... là c'est aucun. Les personnages, j'en ai trop vus d'identiques, l'univers, bah, suffit de voir au dessus, et je n'ai rien ressenti de particulier avec le style de l'auteur. Après, c'est une question de goûts.
Pourtant, le roman n'est objectivement pas mauvais... Pas parfait, surtout au niveau du rythme qui est mal géré mais ça reste tout à fait correct. En fait, le roman commence quasiment dans le feu de l'action... puis après il y a des période de calme plat avant de reprendre. Certes, c'est inévitable mais là le choc est un peu brutal. Ce n'est pas dramatique, mais ça peut ennuyer certains.
Ensuite, on a le droit à beaucoup d'archétypes de personnages de fantasy, même chose pour les histoires d'amour. Par exemple, il y en a deux, dès la première phrase j'ai senti que l'auteur allait les rapprocher... ça n'a pas loupé, et exactement de la façon prévisible. Après je ne sais pas, peut-être que dans les tomes suivants, il y a des surprises mais là je chronique le tome 1.
Voilà, classique. 

J'ai aimé
  • Le roman se lit bien.
Je n'ai pas aimé
  • Trop classique.
Ressenti
Bah moyen... La déception que j'ai éprouvée vu l'histoire a dû jouer.... Cependant, si vous aimez les romans de ce genre, tentez le coup.... Les goûts peuvent varier et des personnages qui me laissent indifférents peuvent être des chouchous pour d'autres. Mais il faut avoir le temps, il y a au moins 4 tomes je crois. Et le premier fait environ 500 pages.
Perso, si je lis la suite, ça sera bien plus tard. En effet, j'ai eu du mal à avoir ce roman à la bibliothèque, résultat, je n'ai plus le temps de caser ses suites dans mon planning... pour l'instant. On verra si l'envie vient un jour....

mardi 22 novembre 2011

Cette crédille qui nous ronge, de Roland C. Wagner

Première publication VF en 1991
Publication VF de cette édition : 2008

Un court roman d'un auteur français. Voyons ce que ça donne.
Une planète : Océan.
Un conflit : Celui qui oppose les colons végétariens aux colons carnivores.
Un homme : Quartz B, garde du corps qui a perdu son client, l'ambassadeur de la Terre, et qui va devoir reprendre le flambeau d'une délicate mission.
Le problème : Non conformiste, aussi diplomate qu'un catcheur mexicain, Quartz B saura-t-il apaiser les tensions afin d'éviter que ne dégénère le conflit entre les amateurs de vraieviande et les végétares ?
" J'espère que vus saurez nous délivrer de cette crédille qui nous ronge ! Vus n'en avez pas parlé, tcas. Nageriez-vus tujûrs en aveugle ? "


Pour commencer, ce roman est court, moins de 150 pages. Dans un sens, c'est ça qui m'a fait aller vers lui lors de mon dernier passage à la bibliothèque (j'avais déjà un bon gros programme de lecture).
Comme le résumé l'indique, le héros se retrouve sur une planète lointaine (plusieurs année-lumières, sans astuce pour dépasser la vitesse de la lumière) et le voilà obligé de représenter la Terre dans un conflit entre deux régimes alimentaires. En effet dans un monde où les animaux se reproduisent lentement, comment faire cohabiter la nature et les humains ?
Je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à Duane Fitzgerald. Dans les deux cas on parle de cyborgs (Quartz B se retrouve avec, entre autres, un bras cybernétique) mais ici, sans les problèmes évoqués dans "le dernier de son espèce"). Bon, c'est un petit détail qui m'a amusé.
Il y a aussi des points communs avec un autre roman de l'auteur : le Temps du voyage. Une zone d'influence de la Terre sur les planètes colonisées mais avec la barrière du temps entre chaque monde.
Sur le fond, le roman n'est pas vraiment novateur, ni vraiment surprenant. Et la fin encore moins... En revanche, il n'y a pas que cette question alimentaire à prendre en compte : plusieurs faits à propos de Quartz B qui sont à éclaircir. C'est un bon point pour varier (même si tout est lié).
De plus il y a un ton humoristique, en particulier avec le langage des autochtones qui est bien sympa. De mon point de vue de Français, ça m'a fait penser au québécois, mais peut-être qu'un Québécois ne serait pas d'accord, tvois ?
Dans cette édition au moins (j'ignore ce qu'il en est pour l'édition de 91), le livre est entrecoupé de petits dessins des animaux d'Océan, comme la couverture par Philippe Caza.

J'ai aimé
  • Les dessins.
  • La plume de l'auteur.
Je n'ai pas aimé
  • L'histoire reste basique.
Ressenti
Correct. Certes, ce n'est pas un roman dont l'histoire fouillée vous prendra aux tripes durant des jours... mais c'est un roman rapide à lire, léger, sympathique.

mercredi 16 novembre 2011

Espace vital, de Isaac Asimov

Earth is room enough en VO
Parution VO en 1957

Asimov... surprenant.
Quoi de plus utile qu'un chronoscope pour qui veut réhabiliter les Carthaginois calomniés ? Mais quel péril le sondage temporel fait-il courir à l'humanité ?
S'il avait connu la robotique, Sherlock Holmes aurait été obligé de se recycler...
Le corps électoral réduit à un seul et unique électeur : c'est le triomphe de la démocratie électronique...
Il était une fois un pauvre petit ordinateur bien courageux et bien malheureux...


Encore quelques nouvelles d'Asimov, je ne peux qu'apprécier, non ? Contrairement au dernier recueil que j'ai lu de lui, il n'y a pas d'explications entre les nouvelles, dommage.
Espace vital
L'idée de départ est intéressante mais la fin est un peu rapide, dommage.
Les cendres du passé
C'est une des histoires les plus intéressantes que j'ai jamais lues. Surtout la fin (même si dans un sens, c'est arrivé dans notre monde à nous). Et c'est une belle pique aux complotistes.
Effet miroir
Ah les robots... Bah j'avais déjà lu dans le Grand Livre des Robots, j'avais beaucoup aimé cette histoire. L'utilisation de la logique et des Trois Lois (si vous ne les connaissez pas, je vous encourage à les découvrir). Bien sûr, ce sont des personnages récurrents chez Asimov, mais ne pas les connaître n'est pas grave.
Devoir civique
Probablement sans prétention, c'est une nouvelle assez étrange sur un futur possible de la démocratie (auquel je ne crois pas trop... mais ça devait paraître crédible dans les années 50).
Le Pacte
Une vision amusante des pactes avec les démons... C'est plutôt intéressant.
Des histoires pour gosses
La vision des elfes la plus originale que j'ai pu voir... C'est une très bonne nouvelle dont la fin est amusante, ou déprimante, selon le point de vue.
Avec de l'eau partout
Probablement la nouvelle la moins intéressante du roman mais également la plus courte, donc.... Enfin c'est probablement de l'humour, mais je ne suis pas rentré dedans.
Le message
Ah une petite histoire de voyage dans le temps. Très sympathique, surtout quand on connaît ce  quoi cette nouvelle fait allusion.
Satisfaction garantie
Une histoire de robot mais sans que les Trois Lois ne soient au centre (même si la première est bien décrite). Peut-être un peu évidente par moment mais logique quand on y pense.
Le feu de l'Enfer
Une nouvelle pacifiste, on va dire, liée à l'époque.
La dernière trompette
Je crois que c'est la nouvelle de fin du Monde la plus terrifiante que j'ai jamais lue. Sincèrement... Pas besoin de sang ni de larmes, pas besoin de météores ravageant la planète.... Non... Chapeau.
Le barde éternel
Une nouvelle à tendance humoristique... En tous cas je l'ai prise comme telle et c'est bien mené, évident peut-être mais bien mené quand même.
Un jour....
Plutôt triste et mélancolique, cette nouvelle était aussi dans le recueil des robots... Je ne sais pas trop si c'était un futur crédible à l'époque, mais clairement aujourd'hui, ça ne l'est pas (mais rien ne dit d'ailleurs que dans un futur lointain, ça ne redeviendra pas crédible :p).

Il faut bien voir que ce recueil est, de ce que j'ai lu d'Asimov, celui qui me semble le plus daté. Plus que dans d'autres, on sent bien que le temps a passé depuis l'écriture de ces nouvelles. Je ne dis pas que la vision du futur qu'on a aujourd'hui est forcément plus juste que celle qui prédominait il y a 50 ans, bien entendu. Enfin ça donne un certain charme.

J'ai aimé
  • Le style d'Asimov.
  • Plusieurs nouvelles, comme les cendres du passé ou le message.
Je n'ai pas aimé
  • Deux trois nouvelles en dessous du lot mais c'est normal.
Ressenti
Bon... Bien sûr, j'ai du mal à faire une critique précise des nouvelles... mais c'est de l'Asimov, ça se lit toujours bien. Lisez Asimov, c'est le bien !